Journal d'un voyageur

 
L’idée était belle, s’imposant à nous comme une évidence organisée,
L'ITALIE, une destination, des rencontres assurées,
Deux villes, que la vie impose à se partager,
Mais qu’elle impose aussi à s’unir d’amitié.

Une  histoire d’amitié, nous étions partants pour la partager.
Le jumelage, on connaît et plus si affinité,
Sept couples unis, mais deux ne pouvaient y aller,
Alors des images et des histoires à leur raconter.

Ils savaient déjà qu’elle débuterait autour d’un verre,
Mais où ? SIRMIONE sera la première étape de cette  DOLCE VITA
BUONGIORNO, le film démarre ! Chut ! Il faut se taire !
Impossible car la "Callas" qui y demeurait, faisait chanter nos voix.

SIRMIONE, place forte de GARDE,
Son château, ses thermes… puis un tour en barque. 

Et tous de vouloir la casquette et d’être le capitaine,
Seul Angel de belle  allure,  copia les gestes
Et pris la barre pour conduire notre vingtaine,
La croisière pouvait s’amuser, il sera  de quart après la sieste.

S’exclamant, voici Louise SALUTI  A TUTTI, Dieu vous garde,
Enfin, pas exactement, je crois que c’était  une autre remarque.

Notre "Callas" à nous, venait de nous faire tous beaucoup rire.
L’ancre était jetée et l’ambiance de suite très colorée,
Comme l’arc en ciel de ces glaces italiennes aux parfums de plaisir.
VINO BIANCO et VINO ROSSO pour partager notre première soirée.

Le "doigt de Dieu", pour la prochaine destination,
MEA CULPA, je voulais dire ROME et le VATICAN
Notre  chauffeur  Michel, m’autorisant cet écart de narration.
Mon pardon, le PAPE me l’accorda en audience sur grand écran.
Michel, lui n’arrêta jamais de nous faire rire,
Avec ses histoires de curé et des soupirs, et des soupirs, et des soupirs.

Chanté
Hier au soir, de tendresse, il parla à sa Biche.

Elle aux abois, lui rêvant de la coucher sur un refrain.
L’auteur, Francis, espérant câlins ou fétiches,
Il ne caressa que la rime et resta sur sa faim. 

A ROME, j’avais une mission : Saint Nicolas de Lorraine,
Une chapelle coincée dans cette immense ville de légendes,
Une généreuse donatrice voulant voir où sa foi reposait sereine.
Pour cela, il me fallait une "Trevi" me montrant la source d’offrande.

Hasard ou chance, je n’étais pas seul  dans ma quête,
Marlène ou Marie-Madeleine avait elle aussi une promesse à tenir.
Ce fût Anita, "Trevi" pour l’occasion qui nous mit le cœur en fête,
Car le Graal était devant nos yeux et Marlène tout heureuse et grand sourire.

L’orgue avait dû pianoter un chant latin
Pour que nos oreilles trouvent le chemin.
Ou était-ce le banc qui cognait du pied ?
Message codé, à déchiffrer pour enfin le mériter.

A présent ROME, tu es pleine d’espoir pour l’heure et pour l’avenir.
GRAZIE MILLE

Assurant la sous-traitance pour notre guide devenu familier,
Il assurait les lieux, toujours souriant c’était Franco.
Dernier de cordée, au secours des brebis égarées,
L’œil très avisé, il gagna le PALIO du mitraillage de beautés, de beautés, de beautés.

Fontaines, places, basiliques ou encore chapelles enluminées,
Baroque, antique ou chrétienne à la foi agenouillée,
Des lumineuses peintures de "Michelangelo" aux fades couleurs du Colisée,
La Beauté était partout sur les murs de la Cité.

Maintenant ROME, je te quitte, ma foi en chapelet,
Et puisque les pièces sont jetées
Et que le vœu est prononcé,
ARRIVEDERCI, fabuleuse cité…

Le Terre del Verde, prochaine destination festive
Génèse et épilogue de ce voyage en terre d’exilés.
C’est GUALDO TADINO ou l’histoire d’un peuple d’émigrés,
Que Lucien, maître de cérémonie et Patricia, guide attentive,
Vont nous faire découvrir les GIOCHI DE LE PORTE : les jeux des portes.
Nous passons trois jours à la conquête du PALIO si convoité.

Avant l’ouverture des tavernes pavoisées
Où l’on mange, l’on boit et l’on chante pour sa bannière colorée,
Un passage obligé à GUBBIO et sa fontaine affolée
Certains ont couru pour que la folie les habite à l’année.

L’histoire raconte aussi qu’un jour, le vin y coula
Et qu’alors les amoureux et les goujats
Troussèrent les filles, la culotte en bas,
Pour finir étourdis, blottis dans leurs bras.

De retour à GUALDO, mon chemin je demandai:
PER FAVOR, où est le grand cirque des jeux ?
C’était une jolie vivandière que j’interpelai,
Croyant me nourrir de son sein si généreux,
Je n’eus droit qu’à une figue et à ses beaux yeux.

Ma route, c’est à un SBANDIERATIORI qui me la désigna,
Ce lanceur de drapeaux, agile ménestrel
D’une main, son étendard il lança,
De l’autre, il m’indiqua la tourelle.

Au pied de celle-ci, je m’arrêtai net
A la vue de l’homme et de son arbalète.
C’était un BALESTRIERI qui bandait sa machine désuète.
La flèche ciblée, c’est elle qui m’épingla à la fête.

J’étais cette fête, j’étais son âme, son parfum,
J’étais tonnerre de musiques et applaudissements ?
Duc, entouré de sa cour, forgeron, le fer à la main,
Zeus ou encore cracheur de feu éblouissant.

Des hommes tambourinaient et j’étais maté,
Roi vaincu sur son échiquier.

BRAVISSIMI,  BELLISIMO 

Chanté
Mon Dieu que la parade est belle,

Comment peut-on s’imaginer,
Quand voyant les ménestrels,
Que la fête, pour ce soir est terminée ?

Dès le lendemain, on affiche ses couleurs,
VINO BIANCO et VINO ROSSO, 
Peu importe la taverne des buveurs
Pourvu qu’on ait l’ivresse des héros.

Voici enfin le moment des jeux,
Quatre joutes et un PALIO à mériter
C’est l’attelage en premier qui implore les Dieux.
Le parcours est sablé, les freins le moins souvent serrés.

L’âne à son char est accroché,
Un drapeau est vivement agité,
Cavaliers toqués et fouette cocher.
Sitôt, la bête est violemment cravachée.

A l’arrivée, seul le temps est arrêté.
Mais ses trois cœurs là battent en accéléré,
Adulés par une foule surexcitée.
A SAN DONATO le chrono et la félicité.

Plus calme est le tireur à la fronde
La pierre à la main est magnifiée par son mentor.
Il brisera sans colère l’assiette ronde
SAN MARTINO criera très fort BRAVISSIMO à son cador.

Du haut de son échafaud, l’archer tendu, il ne tremble pas.
Son gourou lui traçant la parfaite voie
La cible est loin, le petit cercle GIALLO il visa.
La flèche, une fois mouchée fît d’un petit SAN BENEDETTO, un Roi.

La cloche est installée et le sonneur impatient d’y cogner,
L’âne et son cavalier essayant de s’orienter.
Ding et dong, le quarté dans les rues est glorifié.
Zitrone est ressuscité, sa voix latino résonne dans les quartiers.
Entre chiens et loups, sur sa place GUALDO va mettre le feu,

Et c’est la BASTOLA, la sorcière qui sera au milieu,
SAN FACONDINO va la brûler et sauter en l’air,
A lui le PALIO et les chants populaires,
Ce soir à la taverne, le verre trinquera à sa bannière.

PUR TROPPO, la fête est finie !
Les adjectifs paradent à leur tour et disent Merci !
PUR TROPPO, c’est aussi notre voyage qui touche à sa fin.
GRAZIE MILLE pour ce merveilleux écrin.

VINO BIANCO et VINO ROSSO 
Des chants pour se dire à bientôt.

Le dernier repas, la scène revisitée, nos amis de France
Savaient comme serait joyeuse l’ambiance.
Ces copains-là ne trichent pas, une évidence,
Partager, le pain et le vin, c’est une chance.

Alors autour de la table, ils imaginaient
Des verres très hauts trinqués,
Des rires à gorges déployées,
Une belle rencontre d’AMITIE

Merci Lucien pour ce jumelage d’entre deux maires
Qui a réuni des hommes sous la même bannière.

Merci Patricia pour le temps accordé que tu n’économisas pas
Avec un résultat plus que parfait et qui mérite un A.

SALUTI A TUTTI.

                                                                                 JC  10.2012